Guide du Soudan du Sud

Djouba

Situé en Afrique de l'Est, le Soudan du Sud, officiellement République du Soudan du Sud, est la plus jeune nation reconnue au monde, indépendante depuis 2011. Riche en culture, en histoire et en ressources, il présente des difficultés considérables.

L'indépendance

Elle est l'aboutissement de décennies de conflits armés avec Khartoum : deux guerres civiles ont opposé le sud au nord du Soudan, la seconde s'achevant par un accord de paix global en 2005.

Cet accord prévoyait un référendum d'autodétermination, tenu en janvier 2011 et remporté à une écrasante majorité par les partisans de la sécession.

L'indépendance est proclamée en juillet 2011, dans un climat d'espoir.

La suite a été difficile : un conflit interne, né en 2013 de rivalités au sommet de l'État et prenant une dimension communautaire, a causé des pertes humaines massives et des déplacements de population considérables. Des accords de paix successifs ont été signés, dont la mise en œuvre reste partielle, et le calendrier électoral a été reporté à plusieurs reprises.

Géographie

La capitale est Djouba, sur le Nil Blanc.

Le pays est bordé par le Soudan au nord, l'Éthiopie à l'est, le Kenya, l'Ouganda et la République démocratique du Congo au sud, et la République centrafricaine à l'ouest. Il n'a pas d'accès à la mer.

Son territoire est traversé par le Nil Blanc et abrite le Sudd, l'une des plus vastes zones humides du monde : un immense marécage de papyrus qui absorbe une part considérable du débit du fleuve par évaporation, et qui constitue un obstacle naturel à la circulation.

Le climat est équatorial au sud et plus sec au nord, avec une saison des pluies qui rend une grande partie du réseau routier impraticable plusieurs mois par an.

La population

Elle dépasse aujourd'hui dix millions d'habitants, avec une forte incertitude sur les chiffres, faute de recensement récent et en raison des déplacements massifs.

Le pays compte plusieurs dizaines de groupes ethniques et une soixantaine de langues. Les Dinka et les Nuer sont les plus nombreux.

L'anglais est la langue officielle, l'arabe de Djouba servant de langue véhiculaire courante.

La majorité de la population vit d'une agriculture de subsistance et de l'élevage, le bétail occupant une place sociale et économique centrale.

L'économie pétrolière

Le pétrole constitue la principale richesse et l'écrasante majorité des recettes de l'État.

Sa production s'est réduite par rapport aux niveaux atteints avant les conflits, et elle dépend entièrement des oléoducs et des raffineries situés au Soudan, ce qui a donné lieu à des différends répétés sur les droits de transit et à des interruptions de production.

Cette dépendance à une ressource unique, exportée par un pays voisin lui-même instable, constitue la principale vulnérabilité économique du pays.

L'inflation, la faiblesse des infrastructures et la dépendance à l'aide internationale caractérisent la situation économique.

La situation humanitaire

Elle est l'une des plus préoccupantes du continent : insécurité alimentaire touchant une part importante de la population, déplacements internes massifs, réfugiés dans les pays voisins, et accès limité à l'eau potable, à la santé et à l'éducation.

Les inondations récurrentes du bassin du Nil, aggravées ces dernières années, et les affrontements intercommunautaires liés au bétail et à la terre s'ajoutent aux causes politiques.

Plusieurs organisations internationales y conduisent des opérations, dans des conditions d'accès difficiles.

Se rendre sur place

Un avertissement s'impose : les conseils aux voyageurs publiés par le ministère français des affaires étrangères déconseillent formellement les déplacements dans ce pays, ou les soumettent à des conditions strictes selon les zones.

Toute personne envisageant un déplacement, professionnel, humanitaire ou autre, doit consulter ces recommandations actualisées, se signaler auprès des services consulaires, et s'appuyer sur une organisation disposant d'une structure de sécurité sur place.

Un visa est requis, et les conditions sanitaires imposent plusieurs vaccinations et une prophylaxie antipaludique.

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